Avant de commencer
- - Une structure ou un collectif destinataire identifié
- - Deux personnes disponibles
1.Partir du besoin, jamais du don
Une collecte réussie commence par un appel à la structure destinataire : que manque-t-il réellement, en quelle quantité, jusqu'à quelle date, et que ne faut-il surtout pas apporter ?
La règle est simple : on ne collecte que ce qui a été demandé. Un carton de vêtements non demandés coûte du temps de tri, de transport et de stockage. Il transforme un geste généreux en charge de travail.
Écrivez la liste des besoins en trois lignes maximum. Si vous ne pouvez pas la résumer en trois lignes, la collecte est trop large.
2.Choisir un lieu de passage, pas un lieu de cœur
Un bon point de collecte est un endroit où les gens passent déjà : entrée de supermarché, hall d'école, pharmacie, médiathèque, salle de sport, hall d'immeuble de bureaux.
Demandez l'autorisation par écrit, même courte : un courriel avec les dates, les horaires, la surface occupée et le nom d'un responsable joignable suffit dans la plupart des cas.
Prévoyez une table, une affiche lisible à trois mètres et au moins une personne présente : une collecte sans visage humain récolte trois à cinq fois moins.
3.Le créneau qui fonctionne
Les créneaux les plus productifs sont le vendredi de 16 h à 19 h et le samedi de 10 h à 13 h et 15 h à 18 h. En dehors, le flux s'effondre.
Une collecte courte et dense vaut mieux qu'une collecte longue et molle : deux créneaux de trois heures suffisent presque toujours.
Découpez en tours de deux heures avec deux personnes par tour. Personne ne tient six heures debout en gardant le sourire.
4.Le circuit logistique de bout en bout
Avant le premier don, sachez répondre à : qui transporte, dans quel véhicule, vers quel local, à quelle heure, et qui ouvre la porte à l'arrivée.
Prévoyez des cartons montés, du ruban adhésif, un marqueur et des étiquettes par catégorie. Le tri se fait pendant la collecte, jamais après : trier a posteriori double le temps de travail.
Fixez une limite haute : quand le véhicule est plein, la collecte s'arrête. Annoncez-le, ce n'est pas un échec, c'est une réussite.
5.Rendre compte, sinon rien ne recommence
Dans les 48 heures, publiez un message court : ce qui a été collecté, à qui cela a été remis, ce que cela permet concrètement.
Remerciez nommément le lieu d'accueil et les bénévoles. C'est ce message qui rend la deuxième collecte trois fois plus simple à monter.
Les erreurs les plus fréquentes
- - Collecter avant d'avoir demandé ce qui manque
- - Ouvrir un point de collecte sans personne derrière la table
- - Ne pas avoir prévu où le stock dort la nuit
- - Accepter tout ce qu'on vous tend par gêne
- - Oublier de dire ce que la collecte a permis
Collecte d'hiver, quartier des Rives - Val-de-Roche
Une épicerie solidaire signale un manque précis : produits d'hygiène, couches taille 4 et 5, lait infantile. Rien d'autre.
Le collectif obtient l'accord d'un supermarché pour deux créneaux : vendredi 16 h-19 h, samedi 10 h-13 h.
Six bénévoles se relaient par tours de deux heures. Le tri se fait sur place, en trois cartons étiquetés.
Résultat : 340 articles, un seul trajet de véhicule, zéro carton à retrier. Le compte rendu publié le lundi amène quatre nouveaux bénévoles pour la fois suivante.
Données de démonstration - territoire fictif Val-de-Roche. Aucune organisation réelle n'est présentée comme partenaire.